L’expardelière

41 h. en 1691

14 m., 60 h. en 1901

Il y avait dans le village de l’Expardelière une commanderie de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dépendant de Villejésus.

Au XVIIe siècle. les bâtiments de la commanderie formaient un vaste carré avec cour au milieu; l’un des angles était flanqué d’une grosse tour ronde; à un autre coin, se trou­vait une tourelle en encorbellement sans doute destinée à recevoir un guetteur. (Arch. du Rhône, H. 137).

 

Un des côtés était formé par la chapelle qui était dédiée à Saint-Jean-Porte-Latine et Saint-Léobon ; autour, il y avait un cimetière où étaient enterrés les habitants du vil­lage. Dans cette chapelle, on trouvait, en 1615, un grand reliquaire de cuivre émaillé en forme de bahut avec les images de Saint Jean et Saint Léobon ; un autre reliquaire en forme de ciboire; une vieille croix du temps des Templiers* avec son crucifix où il y a deux clous aux deux pieds ; une petite paix de cuivre avec son crucifix en champ entresemé de fleurs de lis et d’étoiles. A cette époque, le commandeur ne résidait plus à la commanderie et un vicaire était chargé d’assurer le service religieux ; il rece­vait pour cela une pension de 6 s. de blé.

*  Malgré cette indication, on peut affirmer que cette commanderie n’a jamais appartenu aux Templiers: elle ne figure pas, en effet, dans le texte du fameux procès et elle n’est pas mentionnée dans l’accord intervenu en 1282 entre l’évêque de Limoges et les chevaliers du Temple pour leurs chapelles sises dans le diocèse. (Cf. M. Lecler, Bullet, t. LIV, p. 493).

Les autres côtés du carré étaient formés par la maison du commandeur et la demeure du métayer qui avait une métairie à 3 paires de bœufs.

Cette commanderie comprenait encore des rentes impor­tantes : 11 s. froment, 35 s. seigle, 50 s. d’avoine, 13 l., 12 bians, 12 vinades ; des dîmes donnant 20 s. de grains, enfin un moulin banal. En 1614, ce moulin avait  “ esté désolé et démoly par gens non cognu ”. (H. 245).

Le commandeur possédait en outre la justice haute et basse, sans doute dans la partie de la paroisse non comprise dans la châtellenie de Lussac, et un droit de “ péage ou plais­saige au lieu de l’Esperdillière, le jour de la Saint-Jean-Porte-Latine et Saint-Léobon, où il y a deux belles assem­blées en forme de petites foires et prend de chaque place de mercier ou autre marchand, de quelque denrée ou mar­chandise que ce soit, la somme de 4 deniers de droit de layde*”.

*  Les laiders ou laeders sont les collecteurs d’un certain droit appelé laide. V. La Thomassière, Cout. du Berry (Dict. de Trévoux) .

Il avait en outre droit de chasse dans sa juri­diction et de pêche sur l’Asse depuis le gau                      de La Char­bonnière jusqu’au bas de Villeneuve, de long en long du bois de l’Hospital et des 2 côtés de la rivière*.

*  Cf. M. A. Vayssière, L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Limousin, p. 152.

 

De l’acte de 1383 cité à l’article Arbalière, il résulte qu’à ce moment la commanderie de Leparselere, Lesparseleria était occupée par un commandeur et des frères.

Les archives du Rhône possèdent les comptes de L’Espar­deler pour 1374-1375. (H. 244).

De la commanderie dépendait un grand mas de brandes appelé du Bois Bardon, situé entre le chemin de Lussac à Coulonges, et le chemin de la Bergerie au Dorat ; d’après une déclaration du 4 mars 1634, si ce mas venait à être mis en culture, le commandeur devait prendre comme droit de dîme de 24 gerbes, une.

Commandeurs : Jean Calelh, 1383 ; Guillaume de La Grollée, 1530 ; Jean de Meaux, 1634 ; César Bonnier, 1691 ; Pierre de Saint-Laurent, 1696-1699 ; Michel Auteroche,1720: chevalier de Modon, 1736 ; Gilbert Joset, 1757 ; Charles Joset, 1780.

 

D’après le terrier de la châtellenie de Fliec (Fleix) du 3 avril 1437, le seigneur  de ce lieu prend sur “ ung chacun demo­rant au village de l’Espadellière tenant bœufs arables, à chacune feste de Saint-Michel, et tenant feu et lieu, ung septier d’avoine et iceulx qui ne tiennent point de bœufz doivent à la dite feste 3 boisseaux avoine combles et les femmes vefves demorant aud. village, tenant feu et lieu doivent à lad. feste 3 boisseaux ras et chacun tenant feu et lieu aud. village, à lad, feste, une géline ”.

En 1779, Jean Rougier est juge de L’Espardelière, et Michel Brac, procureur fiscal.

 

ADDENDA (A vérifier)

L’Expardelière. — Le 24 vent. an II, un particulier fait don aux frères qui sont aux frontières “ d’un calice d’argent pris à l’Expardelière et qu’on n’a pu peser, vu qu’il y a dessus d’autres matières qu’on n’a pu tirer ”. sans doute des émaux.